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Dennis Nona, TELSTRA, Ubirikubiri
Dennis Nona - "Ubirikubiri of the Awailau Kasa" (DN0120)

Ubirikubiri of the Awailau Kasa 2007
Sculpture, bronze , éd.6, 110 x 120 x 360 cm, 2007

1er prix du Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Award 2007 - toutes catégories

Ubirikubiri est l’une des nombreuses histoires et danses que les insulaires du Détroit de Torres ont adoptées de leurs voisins de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L’histoire est racontée à Boigu, à Mabuiag, à Mer et à Badu, l’île de l’artiste. C’est le grand linguiste Ephraim Bani, autorité culturelle, qui a pour la première fois évoqué cette histoire devant Dennis Nona.

Avant de créer cette sculpture, l’artiste a également consulté un ancien de l’île de Badu, Issac Charlie, qui vit exécuter la danse d’Ubirikubiri en 1926. Elle était dansée par le clan du crocodile, à Badu et dans d’autres îles, afin de maintenir la tradition et la spiritualité des individus de ce totem ainsi que d’autres. C’était aussi un moyen de renforcer et de perpétuer l’esprit crocodile, Ubirikubiri.

La danse de 1926 eut lieu au village d’Argan, sur la rivière Awailau Kasa. Le masque utilisé fut fabriqué à partir d’une coquille de tortue (Karral) par le grand-père de l’artiste, Jomen Tamwoy et par M. Baira. Longtemps conservé à Motau, ce masque n’existe plus. Tuisofoa Nomoa, un ancien de Badu, se rappelle l’avoir vu et affirme que la disparition du masque est la conséquence de l’industrie perlière qui explosa à la fin des années 1920. Beaucoup d’insulaires passaient alors plusieurs mois en mer, si bien que quantité de cérémonies et de danses furent perdues avec les éléments matériels qui leur étaient associés. Ubirikubiri est l’une des danses qui ont survécu ; elle fut de nouveau exécutée en 1985 à Badu. C’est à cet événement que l’artiste a pu assister.

Célèbre chorégraphe et créateur de masques de danses à Badu, James Eseli a fabriqué plusieurs masques de crocodile qui ont été utilisés pour les exécutions plus récentes de la danse d’Ubirikubiri. On peut les admirer dans les collections de la National Gallery of Australia et du National Museum of Australia.

Le seul masque Ubirikubiri du siècle dernier encore existant appartient au musée d’archéologie et d’anthropologie de l’université de Cambridge. Ce masque en écaille de tortue fut rapporté par Alfred Cort Haddon, qui emmena une équipe de chercheurs dans le Détroit de Torres en 1898 afin d’étudier et de collecter divers objets culturels. On peut le voir dans le film Cracks in the Mask qui évoque la quête du sage et savant Ephraim Bani, parti à la recherche des artefacts culturels de son peuple, dans les grands musées d’Europe où son patrimoine est exposé.

On dit qu’Ubirikubiri a quitté son habitat naturel en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour venir dans les îles du Détroit de Torres, et particulièrement dans l’Awailau Kasa, à Badu. Cette légende est née au bord de la Mai Kusa, rivière de la côté ouest de Papouasie qui se jette dans le Détroit de Torres.

Après la mort de son épouse, un homme décida d’offrir à sa fille un animal de compagnie pour l’aider à se consoler. Il lui apporta un chiot, mais l’animal ne lui plut pas. Il lui apporta ensuite un porcelet, mais l’animal ne lui plut pas non plus. Un jour qu’il attrapait du poisson sur la plage, il rencontra un bébé crocodile qu’il prit et rapporta à sa fille.

L’animal plut beaucoup à cette dernière et elle le baptisa Ubirikubiri. Son père fabriqua un enclos pour le crocodile, enclos qu’il fallut agrandir à mesure que le crocodile grandissait.

Lorsque l’animal eut atteint la taille adulte, le père partit rendre visite à des amis d’un autre village et oublia de nourrir Ubirikubiri pendant toute son absence. Lorsqu’il revint, Ubirikubiri était affamé et très fâché d’avoir été laissé sans nourriture pendant tout ce temps.

Quand le père vint lui apporter du poisson, Ubirikubiri se saisit de lui et le tua, puis s’échappa de son enclos et partit pour la Mai Kasa, emportant le cadavre sur son dos.

La fille, qui n’était pas à la maison lorsque le crocodile avait tué son père, vit l’enclos brisé, signe de la bagarre. Elle suivit les empreintes d’Ubirikubiri jusqu’à la rivière, en implorant l’animal de lui dire où était son père.

A Ziba Ziba (l’heure où le soleil est presque couché), Ubirikubiri apparut sur la berge, le mort toujours sur son dos. Elle le supplia de lui rendre son père mais, en secouant son immense corps, il refusa et retourna dans l’eau.

La morale de cette histoire nous apprend que si l’on enlève un animal à son environnement naturel, il faut bien le traiter, bien le nourrir et bien s’occuper de lui.

Ubirikubiri of the Awailau Kasa 2007
Sculpture, bronze , ed.6, 110 x 120 x 360 cm, 2007

Winner, Overall, 2007 Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Award.

Ubirikubiri is one of many stories and dances adopted by the Torres Strait Islanders from their Papua New Guinean neighbours.

The story is told on Boigu, Mabuiag, Mer and the artist’s island of Badu. The artist first heard the story from the noted cultural authority and linguist, Ephraim Bani.

Badu Island elder, Issac Charlie, who first witnessed the performance of the Ubirikubiri dance on Badu in 1926, was also consulted prior to the creation of the sculpture.

The dance was performed by the crocodile clans on Badu and the other islands as a means of maintaining tradition and the spirituality of the people belonging to this and other totems. It was also a means of strengthening and perpetuating the crocodile spirit, Ubirikubiri

The 1926 performance took place at Argan Village which is located on the Awailau Kasa (River). The mask used in the dance was made of turtle shell (Karral) by the artist’s grandfather, Jomen Tamwoy and Mr. Baira. This mask was kept at Motau but no longer exists. Badu Island elder, Tuisofoa Nomoa, recalls seeing the mask and says that its loss was a consequence of the Pearling Industry that was booming in the late 1920s. Many of the Islanders were at sea for months at a time which meant that a lot of the ceremonies and dances were lost along with the material items associated with them. Ubirikubiri was one of the dances that survived and was first performed again in 1985 on Badu. This performance was witnessed by the artist.

Renowned Badu Island choreographer and dance mask creator, James Eseli has produced a number of crocodile masks that have been used in more recent Ubirikubiri performances. His masks can be seen in the collections of the National Gallery of Australia and National Museum of Australia.

The only Ubirikubiri dance mask from the last century known to exist is housed in the Cambridge University Museum of Archaeology and Anthropology. This turtle shell mask was collected by Alfred Cort Haddon who led a team of researchers from the University to the Torres Strait in 1898 to document and collect cultural material. This mask can be seen in the film ‘Cracks in the Mask’ which is about a quest by the wise and knowledgeable Torres Strait Islander, Ephraim Bani, to reclaim his people’s cultural artefacts from the great museums of Europe where his heritage lies.

Ubirikubiri is said to have travelled to several of the Torres Strait islands from its habitat in Papua New Guinea and specifically to the Awailau Kasa on Badu.

This is a legend that originated on the Mai Kasa, the river that runs into the Torres Strait from the Western coast of Papua New Guinea.

Following the death of his wife a man decided to give his daughter a pet to help console her and keep her company. He brought her a puppy but she didn’t like it. He then brought her a piglet but she didn’t like that either. One day when he was out spearing fish on the beach he came across a baby crocodile which he caught and took home to show his daughter.

She really liked it and named the crocodile Ubirikubiri. Her father made a pen for the crocodile. As it grew he kept enlarging the pen.

After it had become fully grown the father went to visit friends in another village and neglected to feed Ubirikubiri the entire time he was away. When he returned Ubirikubiri was very hungry and very annoyed having been left without food for such a long time.

As the father went to feed Ubirikubiri some fish he grabbed him and killed him then broke out of the pen placing the father on his back and heading off to the Mai Kasa.

The daughter, who had not been at home when Ubirikubiri seized her father, saw the broken pen and evidence of a skirmish. She followed Ubirikubiri’s tracks to the river calling out to the crocodile to tell her about her father.

At Ziba Ziba (that time of day when the sun has almost set) Ubirikubiri appeared on the river bank with her father on his back. She pleaded with the crocodile to give up her father but shaking his huge body he refused and headed back in to the river.

There is a moral to this story that instructs us that if animals are taken from their natural environment they must be looked after and treated and cared for properly.

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