Les Australiens sur le front français durant la première
guerre Mondiale.
Colonie britannique en 1788, pays indépendant en 1901, l'Australie
forge son identité de nation dans l'enfer de la Première
Guerre Mondiale.
Alors que la population du
pays est inférieure
à cinq millions de personnes, 416.809 Australiens, tous volontaires,
s'engagent pour combattre aux côtés des troupes alliées.
Parmi eux, 226.073 vont trouver la mort ou être blessés
au combat. Au sein des 330.000 hommes du corps expéditionnaire,
les pertes vont atteindre 68,5%, dont 59.258 morts. Pour ce qui
est des Alliés, ce sont les Australiens et les Néo-Zélandais
qui subissent, proportionnellement, les pertes les plus élevées.
Les Australiens se battent
sur trois continents, dans la boue et la neige des Flandres et
de la Somme, dans les sables du désert au Proche-Orient, dans les jungles de l'Océanie.
Avril 1915
Avec leurs camarades néo-zélandais,
les volontaires australiens composent les troupes de l'ANZAC, et,
le 25 avril 1915, ils reçoivent un cruel baptême du
feu à Gallipoli, sur la côte de la Turquie, où
les troupes ennemies, retranchées et puissamment armées,
leur infligent de lourdes pertes.
Depuis lors, le 25 avril,
l'ANZAC Day, est le jour du Souvenir en Australie, dédié à la mémoire
de tous les Australiens tombés au champ d'honneur pendant
la Première Guerre Mondiale.
En Europe, les Australiens
combattent essentiellement en France et en Belgique, et plus
particulièrement en Picardie
et dans le Nord, où 37.000 d'entre eux reposent pour l'éternité.
Avril 1916
En avril 1916, les fantassins
australiens sont envoyés sur le front français, où la première
Bataille de la Somme fait rage. Tandis que la Cinquième Division
Australienne attaque en direction de Fromelles - une offensive au
cours de laquelle elle perd 5.500 hommes -, au sud d'Armentières,
les trois autres divisions australiennes sont regroupées
près d'Amiens. C'est alors qu'ont lieu les féroces
batailles de Peslères, Moulin, la Ferme Mouquet, destinées
à prendre à revers Thiepval, où les Allemands
sont solidement retranchés.
Les, Première, Deuxième et Quatrième
Divisions Australiennes, en l'espace de cinq semaines, perdent
232.000 hommes.
Pendant que les troupes allemandes
se replient au nord de la Somme, la Cinquième Division Australienne avance
vers Bapaume pour l'offensive alliée du printemps 1917 contre
la Ligne Hindenburg ; 10.000 officiers et hommes de troupe australiens
vont être mis hors de combat pendant les deux Batailles de
Bullecourt en avril-mai 1917.
1 Avril 1917.
L'état-major allié fixe au ler avril
1917 une attaque de troupes britanniques et de quatre divisions
ANZAC contre le front allemand, entre Arras et la Somme. Huit jours
plus tard, les alliés atteignent la Ligne Hindenburg. Bien
que privés de l'appui - prévu - de chars et d'artillerie,
les hommes de la Quatrième Division Australienne s'emparent
d'une portion de la ligne Hindenburg, et, malgré le pilonnage
intensif des Allemands, tiennent bon sur leurs positions.
La deuxième Bataille de Bullecourt commence
le 3 mai : une brigade ANZAC effectue une autre offensive, mais
le contrôle de Bullecourt est indispensable au succès
; le 6 mai, les Allemands lancent une attaque massive, qui est repoussée.
Le 7 mai, des troupes britanniques atteignent le village par l'est,
appuyées par la Première Division Australienne. Le
12 mai, des unités de la Cinquième Division Australienne
consolident les positions alliées à l'ouest de Bullecourt.
Mais les combats ne s'achèvent véritablement que le
17 mai, les Allemands battant en retraite après un dernier
assaut infructueux.
En 1917, dans les Flandres,
les combats font également
rage. Au cours de la troisième offensive d'Ypres, les Australiens
perdent 38.000 hommes.
Janvier 1918
Par la suite, à la demande du Gouvernement
australien, les cinq divisions australiennes qui combattent en France
sont regroupées en un corps expéditionnaire australien,
et ce à compter du ler janvier 1918. Ce corps expéditionnaire
est placé sous le commandement du général Birdwood
jusqu'en mai 1918 ; le général Monash lui succède
ensuite, avec le général Blamey comme chef d'état-major.
Villers-Bretonneux - où l'on trouve aujourd'hui
un Mémorial Austra!ien - est le théâtre de combats
acharnés au printemps 1918 : une vaste offensive allemande
vise en effet Amiens, nud ferroviaire vital.
Le 21 mars, les Allemands lancent leur offensive dans le but de
percer le front allié. La Quatrième Division Australienne
leur fait face sur la route Albert - Amiens, les Troisième
et Cinquième Divisions renforçant le front sur la
Somme et l'Ancre.
Pendant la première bataille de Villers-Bretonneux,
une contre-attaque de la Neuvième Brigade d'Infanterie Australienne
repousse les Allemands. Grâce à l'arrivée de
troupes fraîches des Deuxième et Cinquième Divisions,
le front d'Amiens tient jusqu'à la jonction des Australiens
avec les Français.
N'oublions jamais l'Australie
Les l2 et 13 avril, une manuvre de diversion
allemande entre Armentières et Béthune est repoussée
par la Première Division Australienne envoyée en toute
hâte sur la Lys pour endiguer une poussée ennemie près
de Strazeele.
Avec l'appui de chars et utilisant
des gaz moutarde, les Allemands se lancent une fois encore à l'assaut de Villers-Bretonneux
le l8 avril ; le village tombe entre leurs mains et Amiens se trouve
désormais sous la menace directe de leurs canons.
Le 24 avril, les Treizième et Quinzième
Brigades d'Infanterie Australiennes effectuent une contre-offensive
hardie, attaquant respectivement au sud sur le plateau de Cachy
et au nord à la cote 104 pour prendre en tenaille et encercler
complètement le village, avec l'appui d'une brigade britannique.
A l'aube du 25 avril, ANZAC
Day, Villers-Bretonneux est définitivement libéré.
Depuis ces événements tragiques,
chaque année, le 25 avril, à Villers-Bretonneux, à
Bullecourt, mais aussi à Fromelles, Pozières, Vieux-Berquin
et d'autres communes de la Somme et du Nord, les habitants célèbrent
avec reconnaissance et émotion la mémoire des jeunes
volontaires australiens venus de l'autre bout du monde défendre
sur le sol français un idéal commun de liberté.
Il n'est pas rare de voir
dans ces communes, des rues, des places, ou des écoles portant des noms de villes,
d'états, ou tout simplement celui de l'Australie, pays ami
de la France et plus particulièrement fidèle aux
heures les plus sombres de l'Histoire.
C'est ainsi qu'on peut lire
au fronton de la salle communale de Villers-Bretonneux ces quelques
mots à méditer
:
"N'oublions jamais l'Australie".
Source : Ambassade d'Australie