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L'Art occidental australien (XVIIIe-XXe
siècles) |
Les débuts
L'art occidental australien naît, dès le XVIIIe siècle,
avec les dessinateurs de la marine anglaise qui, en débarquant
sur la côte sud du pays, découvrent fascinés
les habitants d'une terre qu'on croyait déserte, sa faune
et sa flore étranges, ses paysages grandioses et les représentent
à des fins d'abord documentaires.
Un art colonial
Très vite, des peintres professionnels vont s'installer en
Australie, tels Thomas Watling, en
1792, ou John William Lewin, en 1800
: formés dans les ateliers européens, ils proposent
une vision très idéalisée de ce pays "exotique"
qu'ils mettent en scène selon les canons néoclassiques
puis romantiques en vogue en métropole. Avec des portraitistes
comme Augustus Earle, arrivé
en 1825, ils inaugurent un mouvement qu'on a pu appeler colonial
car pour ses représentants l'Australie n'est pas encore une
vraie patrie. Cela ne l'empêchera d'ailleurs pas de rencontrer
un succès croissant tout au long du XIXe siècle.
Thomas Watling |
L'école de Heidelberg
C'est avec l'école de Heildelberg ( du nom d'une localité
de la région de Melbourne) que, dans les années 1880,
la peinture australienne conquiert enfin une spécificité
déjà atteinte dans les arts décoratifs depuis
le milieu du XIXe siècle (travail de l'argent, par exemple)
: un groupe de peintres influencés par l'impressionnisme
(Tom Roberts, Charles
Edward Conder, Frederick McCubbin
et Arthur Streeton) s'attache alors à rendre compte d'une vie désormais bien ancrée
dans le pays : celle des habitants du bush, vaste territoire aux
frontières sans cesse reculées et baignant dans une
lumière particulièrement intense.
Emergence internationale de l'art occidental
australien
Dès lors, l'histoire de l'art occidental australien devient
celle de personnalités originales aux uvres plus grinçantes
comme celles d'Albert Tucker dans l'entre-deux-guerres
et, à partir des années 1940, de Sir
Sidney Nolan (1917-1992) ou encore d'Arthur
Boyd (1920-1999). Ce sont elles qui permettront à
cet art des "antipodes" (d'après le nom d'une école
figurative des années 1960 devenue synonyme d' "art
australien") d'accéder à une reconnaissance internationale
sous le signe de l'inventivité et de la diversité
de ses pratiques contemporaines (sculpture, installations, art brut,
usage de matériaux industriels recyclés). |
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| L'Art occidental
australien contemporain |
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Des
artistes de toutes origines
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A partir
des années 1970, le mouvement d'internationalisation de l'art
occidental australien se poursuit et s'enrichit du dialogue entretenu
par les peintres et les sculpteurs avec le reste du monde :
non seulement la tradition du voyage d'étude en Europe se
poursuit mais, inversement, l'Australie accueille des artistes qui
ne sont plus seulement issus de l'immigration anglo-saxonne comme
Helen
KENNEDY ou John
OLSEN, mais proviennent aussi du monde méditerranéen
ou moyen-oriental comme Wilma
Tabacco,
née en Italie et Hossein Valamanesh,
né en Iran, dont la peinture fait dialoguer art persan traditionnel
et inspiration moderne. |
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Une
inspiration variée
A cette richesse humaine et culturelle correspond une extraordinaire
diversité
- des inspirations : d'esprit international ou plus "local"
comme chez Dean
Bowen qui met en scène
vie quotidienne, histoire et culture australiennes dans ses gravures
et ses sculptures comme celles représentant les bushmen ou
les soldats des troupes venues combattre en France pendant la guerre
de 1914-18.
- des regards : figuratifs, comme chez Christopher
Croft qui renoue avec l'art du portrait ou abstrait comme chez
Ann Thomson qui récupère le lettrage des balles de laine
australienne pour les inscrire dans le tourbillon de sa palette pleine
d'énergie |
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- des langages artistiques qui
s'inscrivent dans la tradition occidentale de la vision "frontale"
ou empruntent à l'art aborigène la multiplicité
des points de vue qui le caractérise et sa technique de la
vision satellitaire comme Christopher Hodges
qui recourt à la symbolique aborigène des cercles concentriques.
Et cependant un point commun réunit toutes ces tendances :
une grande attention à la couleur, à la lumière
et plus généralement à l'environnement héritée
de la désormais longue tradition artistique australienne.
Paysages, objets, personnages sont alors mis en scène avec
ce mélange de gravité et d'humour qui triomphe, par
exemple, dans l'uvre de Christopher
Croft où se conjuguent hyper- et sur- réalisme pour évoquer
de manière satirique les modes de vie occidentaux. |
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Des
pratiques artistiques multiples et complémentaires
Enfin, les artistes australiens s'intéressent à toutes
les techniques sans exclusive ni hiérarchie et passent de
l'une à l'autre au gré de leur inspiration : peinture,
sculpture et tapisserie (Dean
Bowen),
peinture et céramique (William
ROBINSON),
peinture et sculpture (Ann
THOMSON).
Utilisant tous les supports (toile, bois, voire plastique comme
Matthew Johnson avec ses boîtiers de CD) et tous les matériaux
- quelquefois récupérés parmi les rebuts de
notre civilisation industrielle (caisses de schweppes de Rosalie
Gascoigne), les artistes australiens occidentaux se montrent
ouverts à toutes les tendances de l'art contemporain - organisant
par exemple aussi des "installations", comme Fiona
Mac Donald et sa "Mer de mains", ensemble multicolore
de mains en |
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plastique que l'artiste
plante dans le désert, en solidarité avec les aborigènes
dépossédés de leurs terres.
Très au fait des grands courants internationaux, cet art
n'est, en effet, nullement coupé de la réalité
australienne au point qu'on peut voir dans l'"occidental"
et dans l'art "aborigène" les deux facettes d'un
même art australien "contemporain". |
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