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Les principales communautés artistiques aborigènes : histoire, style, artistes.
(cliquez sur la région ou la communauté qui vous intéresse)
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TERRE d'ARNHEM OCCIDENTALE
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Située
entre la rivière de l'Alligator de l'est à
la rivière Liverpool, cette région est célèbre
pour ses peintures sur écorces dont on dit que la
technique a été transmise aux Aborigènes
des premiers temps par les Esprits Mimi eux-mêmes
– ces divinités des airs vivant dans les grottes
de la côte dont elles ont couvert les parois de leur
propre représentation longiligne.
D'abord connues des seuls missionnaires installés
en Terre d'Arnhem puis des anthropologues (Baldwin Spencer
dès 1912 puis Charles Mounford et Ronald et Catherine
Berndt dans les années 1940-50), ces œuvres
retinrent dès l'entre-deux guerres l'attention des
artistes occidentaux comme André Breton qui en possédait
dans sa collection et leur consacra en 1962 une étude
"Main première" qui servit de préface
à l'ouvrage du grand découvreur de cette culture,
Karel Kupka
: Un Art à l'état brut (Lausanne, éd.
Clairefontaine, 1962). Cette étude qui insiste sur
"l'acte créateur" au sein plein que constitue
la réalisation de ces oeuvres est d'ailleurs reprise
dans le recueil Perspective cavalière(Paris, Gallimard,
coll. "L'Imaginaire", 1970)
Généralement réalisées sur un
fond monochrome d'ocre naturel, ces peintures jouent depuis
toujours un rôle important dans les cérémonies
religieuses héritées du Temps du Rêve,
telle le Wubarr : évoquant la geste des Grands Ancêtres,
elles servent en effet de support à la transmission
des secrets que les initiés se transmettent : comment
le monde fut créé ; comment cette création
se poursuit de saison en saison ; comment se transmettent
ses mystères très souvent symbolisés
par la mise en scène des actes d'avaler et de régurgiter.
En outre, décorées de rarrk, elles tirent
de ces motifs l'énergie qu'ils symbolisent et, de
ce point de vue, constituent des objets proprement magiques.
Du point de vue des scènes représentées,
les peintures sur écorce combinent le plus souvent
le style figuratif propre à l'art pariétal
et le style abstrait (hachures) propre aux écorces
rituelles. Elles se caractérisent également
par le style dit aux "rayons X" qui révèlent
l'intérieur des corps. Ceux-ci sont ceux des Grands
Ancêtres comme Nawura qui enseigna aux hommes l'art
de la pêche en eau douce ou Yingarna, la Mère
originelle et ses enfants, les femmes poissons Likanaya
et Marayka et Ngalyod le Serpent-Python à tête
de crocodile. Il peut aussi s'agir d'esprit continuant de
vivre au milieu des tribus, esprits tantôt bienfaisants
tantôt malfaisants comme les Mimi ou les Warraya –
esprits des morts vivant dans les arbres. Ou encore d'animaux
familiers de la faune ou de la flore de cette riche région
: oiseaux, kangourous, varans, tortues d'eau douce, alligators,
veaux de mer, poissons – souvenir du temps où
il y a 10000 ans le niveau de la mer s'est élevé,
pénétrant dans les vallées côtières
où vivaient les Aborigènes et où leur
mythologie "terrienne" intégra ces nouveaux
éléments aquatiques. ; fleurs, fougères,
plantes diverses, eucalyptus, etc.
L'art de cette partie de la Terre d'Arnhem ne se limite
cependant pas à la peinture sur écorce : maints
artistes réalisent aussi des sculptures inspirées
des mêmes figures que celles représentées
sur les écorces, en particulier des Esprits Mimi
dont les lignes filiformes épousent les branches
d'arbre dans lesquelles ils ont été sculptés.
Couvertes de motifs rituels rappelant les peintures dont
les Aborigènes se couvrent le corps lors de leurs
cérémonies religieuses, ces représentations
sont également ornées de plumes et tiennent
du totem.
LES
ARTISTES de la TERRE d'ARNHEM OCCIDENTALE
Si sur le modèle des plus
anciens peintres sur écorces, beaucoup d'artistes
contemporains restent anonymes, dès les années
1950-60 un certain nombre d'individualités se sont
fait reconnaître, issues de l'école de Minjilang,
petite île de la côte nord où dans les
années 1950-60 plusieurs artistes avaient vécu,
tel Jimmy Midjaw Midjaw ou Yrawala qui furent aussi de grands
leaders religieux. A la génération suivante,
Bruce Nabekeyo
ou Robin Nganjmira,
peintres formés par le grand Bobby
Nganjimira, poursuivirent la
tradition d'une peinture mêlant pittoresque figuratif
et densité presque expressionniste. Enfin, il faut
citer Crusoe Kuningbal,
peintre mais aussi sculpteur d'esprits
Mimi. |
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ILES DE BATHURST ET DE MELVILLE |
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Situées
à 80 km au Nord de l'Australie, en face de la Terre
d'Arnhem occidentale (Parc national de Kakadu), les îles
de Bathurst et de Melville sont longtemps restées
à l'écart de la vie continentale proprement
dite : les premières tentatives d'installation de
colons datent des années 1820 et, sans succès,
ne reprirent qu'au début de XXe siècle (en
1900, sur Melville ; en 1911 sur Bathurst). Cela explique
que la culture des Tiwis, les Aborigènes vivant sur
ces deux îles, se distingue de la civilisation aborigène
du reste de l'Australie : elle se caractérise en
effet par deux cérémonies l'une de fertilité
l'autre funéraire qui remontent au Temps du Rêve,
quand une vielle femme aveugle Mudungkala naquit de la terre
même de Melville. Elle portait trois enfants, ancêtres
du peuple tiwi. L'un de ces enfants, Purukuparli épousa
une femme nomée Bima dont il eut un fils Jinani.
Or, celui-ci, par manque de surveillance de sa mère,
mourut déclenchant la colère de Purukuparli
contre Bima et son propre frère qui l'avait séduite.
Après les avoir maudits, il condamna tous les Tiwis
jusque là immortels à connaître désormais
la mort et il disparut lui-même dans les eaux de la
mer avec le cadavre de son fils. De son côté
le père de Bima instaura dans une perspective de
purification le premier rite funéraire en l'honneur
des défunts : celui-ci consistait dans la confection
de poteaux en bois, (ou tutini) sculptés à
l'effigie du héros mort, d'armes rituelles et de
paniers cérémoniels tressés (ou jimwalini).
C'est cette cérémonie toujours pratiquée
qui est à l'origine de l'art des Tiwis qui évoquent
leurs défunts, leurs grands ancêtres et bien
sûr les divinités à l'origine de leur
existence par des totems de forme humaine, ou animale (surtout
inspirée par les oiseaux marins de la région)
ou encore abstraite. Ces poteaux dont certains peuvent atteindre
4 mètres de haut sont peints à l'aide de pigments
naturels (ocres, kaolin, charbon) qui dessinent des motifs
rituels et claniques (pointillés et système
de lignes - pour la base des tutini et le corps des êtres
représentés) ou plus réalistes (pour
évoquer, le cas échéant, les traits
du visage – yeux, barbe, etc.). Parfois ornés
de plumes ou de franges en fibres naturelles, parfois aussi
percés de "fenêtres" dans lesquelles
déposer des offrandes, ces poteaux
sont plantés en assez grand nombre (on parle de "forêt")
sur la tombe du défunt. Laissés à la
merci des intempéries, leur disparition, quand ils
seront complètement effrités, marquera la
fin de la période de deuil. Initialement conçus
dans un cadre exclusivement religieux, ces poteaux sont
devenus depuis les années 1960 et tout en gardant
leur charge rituelle des objets d'art entrés dans
les plus importants musées et fascinant les collectionneurs
par leur caractère ésotérique. Ils
ont aussi beaucoup influencé les quelques peintres
tiwis qui, depuis les années 1980 (et sur l'initiative
d'un des premiers grands artistes de Melville, Declan Apuatimi),
les représentent dans leurs œuvres. D'abord
réalisées, elles aussi, à l'aide de
pigments naturels, elles recourent depuis la fin des années
1980 à la gouache et à l'acrylique qui permettent
d'utiliser une palette de couleur plus large. Néanmoins,
la majorité de ces peintres déclinent bien
les mêmes motifs abstraits qu'on voit sur les poteaux
Pukumani, même si certains ont pu créer une
imagerie plus figurative inspirée de la faune et
de la flore de leur île (cf. par exemple les oeuvres
de Thecla et Fiona Paruntatameri qui où des rapaces
déploient leurs ailes sur des fonds multicolores
faits de bandes reprenant les motifs rituels). Ils s'inspirent
aussi, telle Cabrini Wilson, de l'autre grande cérémonie
tiwi dite Kulamana – cérémonie féminine
destinée à célébrer des rites
de fertilité au moment de la récolte de l'igname.
Enfin, les artistes tiwis s'intéressent aussi à
d'autres techniques artistiques comme le batik (impression
sur tissu), la lithographie, la céramique voire la
poterie.
LES ARTISTES DE BATHURST ET DE MELVILLE
Les artistes de Melville et de Bathurst
sont regroupés aux seins de quelques communautés
dont les plus importantes sont à Melville celles
de Milikapiti et de Pularumpi. La première regroupe
des peintres et sculpteurs qui s'inscrivent dans la tradition
des motifs abstraits qu'ils traitent avec des pigments naturels.
Dans la seconde s'est spécialisée dans la
peinture acrylique et traite ses sujets d'une manière
plus figurative. A Bathurst, célèbre pour
la coopérative des Tiwis
Designs créée
en 1969 à Nguiu, les artistes pratiquent surtout
le batik et diverses techniques d'impression sur étoffe
ou papier sans négliger la sculpture traditionnelle. |
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