Arts d'Australie - Stephane Jacob, art aborigene
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L'ART AUSTRALIEN ABORIGENE ET OCCIDENTAL

Grâce au menu à droite vous pourrez découvrir quelques unes des multiples facettes de l'art australien aussi bien aborigène qu'occidental.
L'Art aborigène d'Australie
Les premières manifestations de l'art aborigène australien remontent à plus de 30 000 ans : ce sont des peintures et des gravures rupestres qu'on peut encore voir, par exemple dans les grottes sacrées du Nord du pays. Cet art s'est continuement développé tout au long de l'histoire de l'Australie jusqu'à l'arrivée des premiers colons anglo-saxons donnant lieu à des styles différents (figuratifs ou abstraits) et développant à la fois peinture (rupestre, sur sol, sur écorce) et sculpture (totems, objets rituels).
En un premier temps, l'art aborigène fut soit méprisé soit nié par la puissance colonisatrice. Au plus s'intéressait-on à ses manifestations dans une perspective ethnologique. Cette situation perdura tout au long du XIXème siècle et de la première moitié du XXème. Cependant déjà au cours des années 1930, les peintures et les sculptures réalisées par les Aborigènes à des fins religieuses commencèrent à attirer l'attention d'amateurs d'art séduits par leur caractère énigmatique, abstrait et novateur. Les Aborigènes furent dès lors incités à réaliser des œuvres destinées à ce public tout en gardant à leur production la dimension religieuse qu'elle avait à l'origine. A partir des années 1970, à la faveur des mouvements d'émancipation aborigènes, l'existence, la singularité et la valeur de cet art ont été de plus en plus reconnues et, tout en s'inspirant d'une tradition culturelle plurimillénaire, un véritable art aborigène contemporain (peinture, sculpture, mais aussi gravure, photographie, installations) est né et s'est imposé sur la scène internationale.
Malgré sa dimension éminament moderne, l'art aborigène contemporain puise son inspiration dans ce souvenir toujours vivant de la création de l'Australie qu'on appelle le "Temps du Rêve" - ensemble de mythes partagés malgré une grande diversité culturelle (avant la colonisation, il y avait environ 250 groupes linguistiques aborigènes et près de 600 dialectes) par tous les Aborigènes et évoquant l'apparition de Grands Ancêtres ("Esprits-éclairs", demi-dieux, animaux, voire plantes) sortis du magma originel pour façonner le continent à leur image, donner naissance aux tribus, instaurer lois et coutumes sociales et religieuses.
Sur le point de disparaître, les grands ancêtres ont laissé aux différentes tribus le souvenir de leur rôle dans la Création de l'Australie : charge à elles de le célébrer et de le ressusciter lors de cérémonies rituelles.
Depuis des temps immémoriaux, a l'occasion des cérémonies célébrant le Temps du Rêve, les Aborigènes du Grand Désert Central et du Kimberley recouvraient le sol de pointillés réalisés avec des pigments naturels (craie, argile, charbon de bois, ocres) et disposés à l'aide d'un bâtonnet. C'est cette pratique qui est à l'origine de la peinture aborigène contemporaine, née dans les années 1970 à l'instigation de certains Occidentaux, tel Geoffrey Bardon, instituteur anglo-saxon à Papunya qui suggéra à ses élèves de reproduire les motifs principaux des peintures sur sol réalisées en l'honneur du Temps du Rêve : d'abord sur les murs de leur école, puis sur du contre-plaqué, enfin sur toile. Diffusées, les oeuvres ainsi réalisées rencontrèrent un vif succès et donnèrent l'idée aux Aborigènes de constituer des coopératives pour commercialiser leurs toiles. Guidés par les responsables artistiques de ces coopératives de véritables talents originaux se sont révélés. C'est ainsi que des peintres comme Rover Thomas, Jack Kala Kala ou encore Emily Kame Kngwarreye ont acquis une réputation mondiale et représenté l'Australie dans de prestigieuses expositions internationales, à Paris, Venise, Londres ou New-York.
sculpture aborigène
John WILSON
"Poteau Pukumani"

Suivant les régions, les caractéristiques stylistiques et les techniques diffèrent : les participants d'une cérémonie peuvent également dresser des totems représentant leurs grands ancêtres, ou reproduire sur écorce des motifs rituels ou claniques et se couvrir le corps de motifs sacrés, essentiellement abstraits.

Malgré un attachement viscéral des artistes à leur culture, il ne faudrait pas croire que l'art aborigène soit resté figé dans la perpétuation de son passé. C'est au contraire un art très ouvert sur les autres cultures, on en veut pour preuve l'oeuvre de Linda Syddick Napaljarri qui fait se rencontrer mythes originels, souvenirs de son enfance passée dans une mission chrétienne, et clins d'œil à la vie occidentale dans ses tableaux.
Plus généralement, les artistes aborigènes ont parfaitement su s'adapter à la peinture acrylique et certains se sont même mis à des techniques très occidentales telle l'aquarelle.

Retrouvez ici l'interview de Stéphane Jacob filmée par le musée des Confluences (Lyon) dans laquelle il commente les oeuvres de la collection d'art aborigène de ce musé exceptionnel et fait l'inventaire des différents styles aborigènes.

Nous écrivons régulièrement des billets sur notre blog (focus sur une oeuvre, un artiste, informations sur les musées, vidéos, etc.). Découvrez le en cliquant ici.


    Quelques références :
Musée du Quai Branly, Musée des Confluences à Lyon, Musée d'Art Contemporain les Abattoirs à Toulouse,
Musée de la Musique, Museum d'histoire naturelle de Lille, Musée d'Art et d'Histoire de Rochefort, Musée des Arts d’Afrique et d’Asie de Vichy, Fondation Burkhardt-Felder - Musée La Grange à Môtiers en Suisse, Fondation Electricité de France, Fondation Colas, Banque Dexia ...

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