Arts d'Australie - Stephane Jacob, art aborigene
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OEUVRES D'ART AUSTRALIEN ABORIGENE OU OCCIDENTAL

Dennis NONA_Ubirikubiri of the Awailau Kasa_Art aborigene australien
N° : DN120

Artiste : Dennis NONA

Titre : Ubirikubiri of the Awailau Kasa

Art : Aborigène

Communauté : Ile de Badu

Dimensions : L : 365 x H : 144 x P : 122 cm

Date de création : 2007

Technique : Bronze
Fourchette de prix : > 20 000 euros


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L'artiste aborigène Dennis Nona a remporté le 1er prix du Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Award 2007 - catégorie sculpture

Ubirikubiri est l’une des nombreuses histoires et danses que les insulaires du Détroit de Torres ont adoptées de leurs voisins de Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’histoire est racontée à Boigu, à Mabuiag, à Mer et à Badu, l’île de l’artiste. C’est le grand linguiste Ephraim Bani, autorité culturelle, qui a pour la première fois évoqué cette histoire devant Dennis Nona.

Avant de créer cette sculpture, l’artiste a également consulté un ancien de l’île de Badu, Issac Charlie, qui vit exécuter la danse d’Ubirikubiri en 1926. Elle était dansée par le clan du crocodile, à Badu et dans d’autres îles, afin de maintenir la tradition et la spiritualité des individus de ce totem ainsi que d’autres. C’était aussi un moyen de renforcer et de perpétuer l’esprit crocodile, Ubirikubiri.

La danse de 1926 eut lieu au village d’Argan, sur la rivière Awailau Kasa. Le masque utilisé fut fabriqué à partir d’une coquille de tortue (Karral) par le grand-père de l’artiste, Jomen Tamwoy et par M. Baira. Longtemps conservé à Motau, ce masque n’existe plus. Tuisofoa Nomoa, un ancien de Badu, se rappelle l’avoir vu et affirme que la disparition du masque est la conséquence de l’industrie perlière qui explosa à la fin des années 1920. Beaucoup d’insulaires passaient alors plusieurs mois en mer, si bien que quantité de cérémonies et de danses furent perdues avec les éléments matériels qui leur étaient associés. Ubirikubiri est l’une des danses qui ont survécu ; elle fut de nouveau exécutée en 1985 à Badu. C’est à cet événement que l’artiste a pu assister.

Célèbre chorégraphe et créateur de masques de danses à Badu, James Eseli a fabriqué plusieurs masques de crocodile qui ont été utilisés pour les exécutions plus récentes de la danse d’Ubirikubiri. On peut les admirer dans les collections de la National Gallery of Australia et du National Museum of Australia.

Le seul masque Ubirikubiri du siècle dernier encore existant appartient au musée d’archéologie et d’anthropologie de l’université de Cambridge. Ce masque en écaille de tortue fut rapporté par Alfred Cort Haddon, qui emmena une équipe de chercheurs dans le Détroit de Torres en 1898 afin d’étudier et de collecter divers objets culturels. On peut le voir dans le film Cracks in the Mask qui évoque la quête du sage et savant Ephraim Bani, parti à la recherche des artefacts culturels de son peuple, dans les grands musées d’Europe où son patrimoine est exposé.

On dit qu’Ubirikubiri a quitté son habitat naturel en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour venir dans les îles du Détroit de Torres, et particulièrement dans l’Awailau Kasa, à Badu. Cette légende est née au bord de la Mai Kusa, rivière de la côté ouest de Papouasie qui se jette dans le Détroit de Torres.

Après la mort de son épouse, un homme décida d’offrir à sa fille un animal de compagnie pour l’aider à se consoler. Il lui apporta un chiot, mais l’animal ne lui plut pas. Il lui apporta ensuite un porcelet, mais l’animal ne lui plut pas non plus. Un jour qu’il attrapait du poisson sur la plage, il rencontra un bébé crocodile qu’il prit et rapporta à sa fille. L’animal plut beaucoup à cette dernière et elle le baptisa Ubirikubiri. Son père fabriqua un enclos pour le crocodile, enclos qu’il fallut agrandir à mesure que le crocodile grandissait. Lorsque l’animal eut atteint la taille adulte, le père partit rendre visite à des amis d’un autre village et oublia de nourrir Ubirikubiri pendant toute son absence. Lorsqu’il revint, Ubirikubiri était affamé et très fâché d’avoir été laissé sans nourriture pendant tout ce temps.

Quand le père vint lui apporter du poisson, Ubirikubiri se saisit de lui et le tua, puis s’échappa de son enclos et partit pour la Mai Kasa, emportant le cadavre sur son dos. La fille, qui n’était pas à la maison lorsque le crocodile avait tué son père, vit l’enclos brisé, signe de la bagarre. Elle suivit les empreintes d’Ubirikubiri jusqu’à la rivière, en implorant l’animal de lui dire où était son père.

A Ziba Ziba (l’heure où le soleil est presque couché), Ubirikubiri apparut sur la berge, le mort toujours sur son dos. Elle le supplia de lui rendre son père mais, en secouant son immense corps, il refusa et retourna dans l’eau. La morale de cette histoire nous apprend que si l’on enlève un animal à son environnement naturel, il faut bien le traiter, bien le nourrir et bien s’occuper de lui.
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    Quelques références :
Musée du Quai Branly, Musée des Confluences à Lyon, Musée d'Art Contemporain les Abattoirs à Toulouse,
Musée de la Musique, Museum d'histoire naturelle de Lille, Musée d'Art et d'Histoire de Rochefort, Musée des Arts d’Afrique et d’Asie de Vichy, Fondation Burkhardt-Felder - Musée La Grange à Môtiers en Suisse, Fondation Electricité de France, Fondation Colas, Banque Dexia ...

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