Eau-forte, éd.45, 100 x 164 cm, 2008
Gubaka est un mot inventé par l’artiste pour décrire une cérémonie réalisée par des femmes pour appeler le vent. Ce mot fait référence aux branches du Gabau, un arbre dont les feuilles se finissent en forme de fourche.
Cette cérémonie a lieu lorsque les époux des femmes partent en mer pour plusieurs jours afin de chasser et d’assurer leurs propres responsabilités cultuelles. Pendant ces voyages, les hommes dorment sur l’un des milliers d’îlots inhabités qui parsèment le Détroit de Torres. On appelle le vent pour deux raisons. L’une pour dire aux hommes que leurs bien-aimées se languissent d’eux,
et l’autre pour créer les bonnes conditions nécessaires pour faire de la voile et rentrer plus vite chez eux.
Les femmes se préparent soigneusement pour leur rituel puis s’assoient dans la mer jusqu’à la taille et battent l’eau avec des branches de Gabu. Elles parent leurs têtes de Matana et de Takarr qui sont des plantes souvent utilisées dans le cadre des cérémonies car elles produisent une odeur agréable pour les esprits.
La forme ronde en haut à gauche de la composition représente le Soleil avec sa couleur jaune trouble qu’il revêt lorsque les vents se sont levés suite aux coups portés sur l’eau par les femmes.